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La banlieue tente de s’imposer dans la campagne présidentielle

23/02/2012
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Fiche pratique n° 445 / 1693

La banlieue, thème récurrent de la précédente élection présidentielle, encore sous le choc des émeutes de 2005, peine à se faire entendre en 2012, incitant associations et laboratoires d'idées à bousculer la campagne pour s'imposer aux candidats.

Mercredi 22 février 2012, François Hollande a été le premier à visiter l’hôtel particulier parisien investi la veille par le collectif Aclefeu et rebaptisé « ministère de la crise des banlieues » pour que les quartiers populaires ne soient pas oubliés dans la campagne.

Plusieurs appels lancés - « Aucun territoire ne doit être délaissé, aucun citoyen ne doit être abandonné », a lancé le candidat PS aux militants du collectif, créé après les émeutes de l’automne 2005. Mais cette visite symbolique fait d’abord écho aux multiples appels lancés, avec plus ou moins de succès, depuis l’automne par plusieurs associations.

La campagne offre « une opportunité unique de faire pénétrer les problèmes des banlieues dans le débat des candidats qui les traitent insuffisamment », explique Renaud Gauquelin, président de l’association des maires Ville et banlieue de France. « On essaye de les mobiliser à travers une centaine de propositions très transversales mais spécifiques aux banlieues », ajoute le maire (PS) de Rillieux-la-Pape (Rhône), qui prône notamment la création d’un ministère d’Etat dédié aux quartiers.

Les visites des candidats - La banlieue n’a jusqu’alors suscité qu’une mobilisation discrète des prétendants à l’Elysée, qui n’ont réellement commencé à s’y succéder qu’à partir de la semaine dernière. Dominique de Villepin s’est rendu à Bondy (Seine-Saint-Denis), François Bayrou au Plessis-Trevise (Val-de-Marne) et François Hollande à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) lundi, un déplacement qualifié « d’hypocrite » par la secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’Egalité des chances, Camille Bedin. Selon elle, « la gauche a laissé tomber les quartiers populaires depuis longtemps ». Surtout, chacun a fait preuve d’une grande prudence dans ses prises de positions.

Invité mercredi à intégrer à son programme les 12 propositions rédigées par Aclefeu, François Hollande a répondu : « Nous verrons. Si certaines correspondent à ce que je pense utile pour la France, oui, bien sûr ».

Ministère de l’Egalité - Comme François Bayrou, il s’est toutefois prononcé en faveur d’un ministère de l’Egalité, une proposition du collectif  « Nous ne marcherons plus » de l’élu municipal PS marseillais Nassurdine Haidari, qui propose notamment de donner priorité aux entreprises soucieuses de diversité dans l’attribution des marchés publics.

M. Bayrou a lui formulé une proposition originale autant que révélatrice : obliger le représentant de l’Etat dans les quartiers à y vivre.

Contrat social - Sur la question du logement, dont la situation ne cesse de se détériorer en Ile-de-France, la Fondation Abbé Pierre a également proposé « un contrat social » prévoyant notamment la construction de 500.000 logements par an et le renforcement de la loi de solidarité et rénovation urbaine (SRU). Il a été signé par François Hollande, François Bayrou, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon.

Abstentionnisme - Malgré ces premières marques d’intérêt, les acteurs de terrain redoutent une démobilisation des électeurs. « En 2012, Ségolène Royal avait sillonné la banlieue et y est arrivée en tête », rappelle Marc Cheb Sun, directeur du mensuel Respect Mag qui a coprésenté avec la Fondation Terra Nova « 16 propositions aux candidats pour faire bouger la République ». « Mais force est de constater que la campagne actuelle se concentre en dehors de la banlieue: c’est un territoire qui malheureusement risque de se réfugier dans l’abstentionnisme. »

 


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