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Le monde des possibles ouvrage de Philippe Mocellin-DGS

Emploi-collectivités a ouvert une tribune pour les DGS et Services RH afin de leur permettre de s'exprimer sur notre site pour partager leur expérience, leurs réflexions sur la vie des collectivités.

C'est avec un grand plaisir que nous recommandons l'ouvrage 'Le monde des possibles' de Philippe Mocellin, DGS à la Mairie de Perpignan.

 

Ancien cadre territorial de l’Agglomération de Niort et de la Ville d’Angoulême, Philippe Mocellin a été nommé Directeur Général des Services de la Ville de Perpignan en février dernier. Docteur en Science Politique, enseignant en sociologie et en géopolitique à l’Université, il vient de publier, avec le concours de Philippe Mottet, avocat et maire honoraire d’Angoulême, Le monde des possibles (*)

 

Dans cet ouvrage, très documenté, l’auteur tente d’apporter des réponses concrètes à une problématique essentielle de ce premier quart de siècle : « comment réconcilier les peuples avec la mondialisation ? ».

Alors que le deuxième millénaire s’est achevé, le troisième fait déjà valoir ses propres emballements, nous incitant à rechercher le vrai « sens de l’histoire ».

Mondialisation, dérégulation, renvoyant à autant d’enjeux et de contradictions qui apparaissent, tout à la fois, comme un modèle, un trompe-l’œil ou un repoussoir…. !

Après l’effet de sidération de l’année 2020, marquée par une crise sanitaire et une récession économique sans précédent, il s’agit ainsi de « porter un regard raisonné sur l’avenir du monde, bien au-delà des peurs, des doutes et des controverses confuses » autour du « monde d’après ».

Pour dessiner ce « monde des possibles », l’auteur propose, en tout premier lieu, à ses lecteurs un détour par la déconstruction des « grands mythes du penser global » : à savoir, l’ordonnancement du monde qui n’a jamais existé, les illusions d’une souveraineté européenne, recherchée en vain ou encore ce « mariage impossible entre le capitalisme et l’écologie politique », obnubilée par les thèses de la décroissance.

Plus réalistement, la réconciliation des peuples avec la globalisation économique est envisageable pour peu que « la vitalité salutaire de ce qui fait le socle de nos identités soit reconnu ».

En clair, la restauration du « cadre rassurant des Etats-Nations et des frontières », au sein d’une nouvelle Europe des peuples, fière d’elle-même, de son histoire et de ses valeurs ; plus encore, un continent « stratège », débarrassé de sa naïveté économique, à même d’occuper un véritable espace géopolitique, au sein d’un monde fragmenté et traversé, sur fond de conflits de civilisations et de menaces terroristes permanentes, par des rapports de force de plus en plus assumés (**).

L’auteur nous invite plus globalement, en dépassant les lieux communs et les postures de la bien-pensance ou du « camp du bien », à imaginer des horizons souhaitables et une autre mondialisation, à rebours de celle qui s’est construite « à marche forcée et contre les peuples ».

Plaide alors, parmi bien d’autres pistes de réflexion, en faveur de la réindustrialisation de l’Occident, de la souveraineté numérique, d’un capitalisme « citoyen » et d’un nouvel esprit entrepreneurial, celui du XXIe siècle, non plus guidé par les performances boursières mais davantage soucieux de l’humanité et de « la prise en compte du temps long ».

Philippe Mocellin prône une ligne de crête : celle d’un « libéralisme souverainiste », forme de capitalisme de conquête et de progrès, régénérant le « génie » national dans ce contexte de concurrence économique et technologique exacerbé.

Dans le même esprit, face au défi climatique et de la préservation du vivant, notre auteur ose miser sur « l’écologisation » de l’économie, combinant, précisément, innovation technique et croissance « écologisée ». Il est alors proposé d’inventer un « PIB écologique », visant à inciter nos entreprises à « intégrer l’impact environnemental dans le coût de production des richesses ».

Si l’essai ne prévoit pas une rupture radicale entre l’avant et l’après COVID-19, refusant d’ailleurs de penser « qu’après la crise tout pourra continuer comme avant ou que, autre direction, nous allons pouvoir refaire le monde », il affiche néanmoins l’ambition de donner, à toutes et à tous, « des raisons d’espérer en un monde plus juste et plus fraternel ».

 

*Philippe Mocellin, Philippe Mottet, Le Monde des possibles. Comment réconcilier les peuples avec la mondialisation ? VA Editions, 2020, 232 p.

**Se reporter, sur ce point, à l’article de Philippe Mocellin, Le multilatéralisme en question, in GEOPOWEB (suivi de la présentation de l’ouvrage), janvier 2021.

VA EDITION PRESS

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