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L'AMF et l'Académie de médecine engagent une coopération

12/05/2011
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Fiche pratique n° 393 / 1685
"Entre les élus de terrain, confrontés au quotidien à des questions de santé publique, et les experts, la complémentarité est évidente. C'est pour cette raison que l'Association des maires de France (AMF) et l'Académie nationale de médecine ont décidé de coopérer. Pour la première fois, une rencontre nationale a été organisée le 12 mai à Paris, sur deux thèmes d'intérêt majeur - la qualité de l'eau de consommation et la prévention de l'obésité de l'enfant – qui mettent en jeu la responsabilité des élus. ""Qu'il s'agisse de la distribution de l'eau ou de la restauration scolaire, quel que soit le type de gestion, la commune est maître d'ouvrage et nous devons à ce titre rendre des comptes à la population"", a souligné Jacques Pélissard, président de l'AMF. François Louvet, maire de Viviers (Ardèche) a détaillé le rôle des élus locaux dans la gestion de l'eau. Il a rappelé que si l'accès à l'eau potable résulte d'un processus complexe, c'est bien le maire qui est sollicité le premier s'il y a le moindre souci puisqu'il est responsable de la production, de la distribution et de la qualité de l'eau. Ces compétences peuvent être déléguées mais les élus sont tenus à une obligation de transparence et doivent présenter chaque année un rapport sur le prix et la qualité des services d'eau et d'assainissement. Face à une opinion publique très sensible aux impacts de la qualité de l'eau sur la santé, les élus ont besoin de disposer d'évaluations objectives et indépendantes, fondées sur des résultats scientifiques avérés pour rassurer leurs administrés mais aussi pour éviter d'engager des dépenses supplémentaires inutiles. Protéger la ressource en eau Le professeur Yves Levi, co-auteur d'un rapport de l'Académie de médecine sur les eaux de consommation humaine et la santé publique, a insisté sur la ""situation très positive"" de la France en matière de qualité de l'eau. Mais l'Académie de médecine recommande de rester vigilants sur plusieurs points. Il faut d'abord selon elle renforcer les mesures de protection contre les pollutions en amont des captages. ""Plus on saura les protéger, moins on aura besoin d'investir en aval. C'est ce que fait la ville de New York aujourd'hui"", a expliqué Yves Lévi. Il est aussi nécessaire selon lui d'améliorer l'efficacité et la fiabilité des unités d'assainissement et d'approvisionnement en eau potable, en particulier pour les petites stations. L'Académie juge aussi important d'encourager les actions de recherches fondamentales, technologiques et épidémiologiques sur les risques sanitaires et les enjeux associés liés aux micropolluants comme les résidus de médicaments dans l'eau. ""Seuls les résultats des études pluridisciplinaires envisagées permettront de répondre à cette nouvelle problématique en mettant en oeuvre des mesures de réduction sans nuire à la qualité des soins et des actions de gestion en limitant l'impact financier pour les collectivités"", insiste-t-elle. Autre impératif selon elle : ""Avoir une politique de gestion de la qualité de l'eau de consommation fondée sur une vision intégrant dans un ensemble indissociable l'unité de production, les stockages et les réseaux."" A ce titre, elle insiste sur la nécessité d'agir pour réduire notamment les biofilms bactériens, les phénomènes de corrosion, les dépôts ou les sous-produits de la désinfection. Il faut aussi poursuivre les efforts en faveur de l'accès de tous les habitants à l'assainissement et à l'eau potable, en particulier dans les DOM-COM. L'Académie insiste encore sur la nécessité de renforcer les actions de gestion pour limiter les rejets d'eaux usées non traitées dans l'environnement et anticiper les défaillances des stations d'approvisionnement en eau potable et des stations d'épuration des eaux usées pouvant survenir durant les épisodes extrêmes liés aux évolutions climatiques (fortes pluies, inondations). Enfin, elle juge important de veiller au ""strict contrôle de la qualité et de la fiabilité des produits et dispositifs de traitement à domicile mis sur le marché pour retraiter les eaux du robinet en garantissant leur innocuité pour la santé des consommateurs"". Cantine et obésité La cantine a-t-elle un rôle à jouer contre l'obésité chez les jeunes ? ""Clairement non"" a répondu Pascale Modaï, médecin nutritionniste, spécialiste de l'obésité du grand enfant et de l'adolescent. Son argument : sur une année complète, les enfants ne prennent que 140 repas à la cantine, ce qui ne représente que 12% des apports nutritionnels annuels. Néanmoins, reconnaît-elle volontiers, ""la diététique est importante à la cantine"". Pour elle, les objectifs essentiels sont, premièrement, que les six millions d'enfants inscrits à la cantine, mangent et que l'on ne voit plus les poubelles se remplir, comme l'a également souligné Isabelle Maincion, maire de La Ville-aux-Clercs, et ensuite, que les repas assurent les apports nutritionnels indispensables, à savoir le calcium, le fer et les acides gras. Les intervenants en conviennent tous, les facteurs de risque d'obésité à combattre sont les boissons sucrées et un apport trop important de sel et de matières grasses. C'est une action globale contre cette maladie qu'il faut développer, estiment-ils, même si, comme l'a rappelé Bernard Salle de l'Académie de médecine, ""le surpoids et l'obésité infantiles en France ont l'incidence la plus faible en Europe avec 14% d'enfants en surpoids dont 3,5% obèses"". L'école est bien un élément clé du dispositif et doit être le lieu ""pour mettre en oeuvre trois mesures essentielles : modifier les habitudes alimentaires, développer l'activité physique, changer le mode de vie de la famille"". L'Académie a également son point de vue sur la question du bio à la cantine, il se résume en une seule phrase : ""le bio n'est pas un argument nutritionnel"". Autrement dit par Bernard Salle, ""en définitive, le bio apparaît beaucoup plus comme un mode de culture respectueux de l'environnement et de la qualité des sols que comme une assurance de mieux préserver la santé des consommateurs"". Des réglementations excessives pour les communes Les villes quant à elles, par la voix du maire Isabelle Maincion, ont rappelé qu'elles étaient prêtes à cuisiner le frais, acheter localement, travailler avec les producteurs, valoriser la fonction des chefs de cuisine, participer à l'information des populations, proposer une offre d'activités sportives, aider les familles les plus en difficultés… mais à condition que les normes et projets de textes soient ""moins obscurs et incompréhensibles"". L'article 1er de la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010 a en effet introduit une nouvelle obligation : le respect, sous peine de sanction, de règles relatives à la qualité nutritionnelle des repas proposés et privilégie les produits de saison (lire notre article ci-contre). ""Les maires ne souhaitent pas que des prescriptions trop exigeantes en termes de grammage et de suivi des fréquences des plats les contraignent à renoncer à la fabrication de repas sur place et les obligent à acheter des aliments pré-conditionnés en portion. Ils refusent que l'adoption de réglementations excessives pèse sur le choix du mode de gestion de leur service, ou conduise notamment les petites communes à cesser l'organisation de ce service, allant ainsi à l'encontre des attentes des parents et de l'intérêt de l'enfant"", conclut le communiqué de l'AMF. "
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