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Où sont passées les abeilles ?

17/04/2009
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Fiche pratique n° 252 / 1681
Agence QMI Vivian Song Le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, un phénomène mondialisé. Ces dernières années, beaucoup d’encre a coulé au sujet d’un phénomène planétaire qui menacerait l’approvisionnement alimentaire mondial. Soudainement et de façon inhabituelle, pour des raisons que ni les scientifiques ni les apiculteurs ne peuvent expliquer, les abeilles adultes abandonnent leur ruche en masse comme si elles en étaient chassées par un mystérieux insecticide. Cet étrange phénomène surnommé «syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles» (ou CCD pour Colony Collapse Disorder) confond totalement les gardiens de ces abeilles besogneuses. Il n’y a en effet aucun amas de cadavres d’abeilles gisant autour des ruches – elles disparaissent tout simplement. Les jeunes larves et chrysalides sont laissées à elles-mêmes, entraînant ainsi la disparition totale de colonies entières et l’extinction massive des abeilles. Mais pourquoi le sort de ces abeilles suscite-t-il tant d’inquiétude et attire-t-il l’attention des législateurs du monde entier? Parce que les insectes pollinisateurs comme les abeilles sont responsables du tiers de l’approvisionnement occidental de nourriture. « Vous pouvez remercier les abeilles pour le tiers de chaque bouchée que vous prenez », indique Todd Yakimishen, président de l’Association des apiculteurs manitobains (Manitoba Beekeepers Association). Les trois quarts des plantes florales du globe sont dépendantes d’espèces pollinisatrices comme les abeilles – des plantes qui produisent des pommes, des tomates, des concombres, des melons, des noix, des brocolis, des citrouilles, des poires et des baies ou petits fruits. Une demi-douzaine de théories ont été avancées pour expliquer la cause de la mortalité des abeilles, qui a généré des pertes de 36% dans l’industrie alimentaire américaine. Une étude effectuée en Allemagne, par exemple, a conclu que les radiations des téléphones cellulaires interféraient avec le système de communication des abeilles entre elles, qui leur permet de retrouver leur domicile. Une équipe de scientifiques israélites a également identifié le virus israélien de la paralysie aigüe des abeilles comme étant l’une des causes de cet exode massif. D’autres experts prétendent qu’il faut plutôt blâmer le déplacement des colonies d’abeilles de plantations en plantations pour des fins de pollinisation – une pratique courante aux États-Unis. D’autres encore pointent du doigt les impacts cumulatifs ou «effets sous-létaux» des pesticides et des herbicides. Mais la plupart des experts affirment que ce qui arrive actuellement aux populations d’abeilles du monde est le résultat de causes multifactorielles inter-reliées. «Cette mortalité est causée par des milliers de facteurs, qui réduisent leur durée de vie et leur habileté à retrouver leur direction», souligne Stephen Pernal, président de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture et chercheur scientifique pour Agriculture et agroalimentaire Canada. «C’est un assaut parfaitement orchestré provenant de tous les côtés». Même si les apiculteurs canadiens n’ont pas expérimenté le CCD au même titre que leurs voisins américains, le pays a enregistré de lourdes pertes sur un autre plan, allègue M. Pernal. «Nous aussi avons souffert de lourdes pertes mais elles se manifestent par le décès d’abeilles à la suite de l’hiver», explique M. Pernal de son bureau de Beaverlodge, en Alberta. Au Canada, ces niveaux plus élevés de mortalité en hiver et au printemps pourraient être liés aux mêmes facteurs que ceux qui sont à l’origine du CCD et qui fait des ravages chez les abeilles aux États-Unis. Au cours des deux dernières années, les pertes dans le secteur de l’apiculture commerciale ont augmenté brusquement de près du double de la tendance observée à long terme. Alors que le taux normal de mortalité moyen au cours d’un hiver est de 15%, 26% des colonies ont été décimé l’an dernier à travers le Canada, et 29% en 2007. Durant l’hiver, on déplace les colonies à l’intérieur, où les abeilles se mettent en amas pour se garder au chaud. Il reste encore environ un mois avant que les apiculteurs puissent déplacer les ruches et déterminer combien d’entre elles ont survécu cet hiver. Le président des apiculteurs albertains, Terry Greidanus, a perdu 40% de ses propres colonies d’abeilles l’année dernière principalement à cause du varroa, un acarien parasite de l’abeille adulte qui est devenu résistant aux poisons chimiques traditionnels et n’a pas de prédateur naturel. «Nous avons connu des pertes hivernales anormalement élevés au cours des deux dernières années», soutient-il. Le parasite nosema et la famine sont également des tueurs d’abeilles au Canada. Entretemps, les températures extrêmes dans le monde exacerbent le problème, d’après plusieurs scientifiques. La sécheresse et les gels inattendus contrecarrent les processus normaux de floraison, ce qui entraîne la malnutrition et la famine chez les abeilles. La disparition des populations d’abeilles pourrait ainsi se traduire par une hausse du prix des aliments, selon les experts. Les producteurs de fruits et de légumes, par exemple, louent des ruches d’abeilles chaque printemps pour féconder leurs plantations. Mais en Colombie-Britannique, les contrats de pollinisation des bleuets n’ont pu être honorés l’an dernier en raison d’une pénurie de ruches. La valeur estimée des abeilles en termes de pollinisation au Canada est de 1,3 à 1,7 milliards de dollars. Ainsi, la pollinisation assurée par les abeilles compte pour 1,7 milliards $ dans la croissance de la production agricole canadienne. Les abeilles servent aussi à féconder les plants de canola hybrides, souligne M. Pernal. Ce plant d’une grande valeur au Canada est évalué à 13,8 milliards $ en termes économiques, car son rendement est plus élevé que celui des plants de canola traditionnels. Les abeilles fécondent également les plants de luzerne, qui servent à alimenter le bétail. Pourtant, on donne bien peu de crédit à cette armée de travailleuses infatigables, les abeilles besogneuses, qui sont souvent négligées par le public et les gouvernements, fait remarquer M. Greidanus. «Nous sommes une très petite industrie et les gouvernements n’aiment pas nous donner de l’argent. Ils ont davantage tendance à le faire pour les éleveurs de bovins, qui ont plus de visibilité.» Cette conduite est inappropriée envers un insecte qui nous donne pourtant des fruits, des légumes et même de la viande, mais qui n’est pas apprécié à sa juste valeur. Principaux producteurs · L’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba sont les principales provinces productrices d’abeilles au Canada. · 600 000 – Nombre de colonies d’abeilles au Canada · 1,7 milliards de dollars – Apport de l’industrie de l’apiculture dans la production de fruits et légumes · 45 kg (100 livres) – Quantité de miel qu’un apiculteur peut récolter à partir d’une seule ruche · 50 000 Nombre d’abeilles dans une ruche ·8 000 Le site SOS-planete : http://terresacree.org
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