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Rapport, Les entreprises face aux défis de la pauvreté : des stratégies gagnantes

02/07/2008
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Fiche pratique n° 84 / 1681
Programme des Nations Unies pour le Développement Rapport, Les entreprises face aux défis de la pauvreté : des stratégies gagnantes Un rapport précurseur et audacieux intitulé Les entreprises face aux défis de la pauvreté : des stratégies gagnantes est rendu public par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il propose des stratégies et des outils aux entreprises pour aller au-delà de leurs façons d'entreprendre habituelles et faire des populations pauvres où que ce soit dans le monde, des partenaires de leur croissance et de leur création de richesses. S'inscrivant dans le cadre de l'initiative du PNUD « Entreprendre au bénéfice de tous », le rapport s'appuie sur de nombreuses études de cas pour démontrer que les modèles entrepreneuriaux conçus pour être bénéfiques à un plus large éventail de couches sociales, y compris les populations pauvres, sont rentables, porteurs de création de richesses et de progrès humain. En 2007, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a lancé un Appel à l'action en faveur des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), exhortant la communauté internationale à tout entreprendre pour accélérer le rythme des progrès et faire en sorte que l'année 2008 marque un tournant dans la lutte contre la pauvreté. Ce rapport montre de façon concrète comment le secteur privé peut apporter sa contribution à cet effort vital. Les populations pauvres représentent un potentiel largement inexploité en termes de consommation, de production, d'innovation et d'esprit d'initiative. Mais plus les modèles entrepreneuriaux intégreront les populations pauvres, plus les sociétés qui cherchent à faire des profits réussiront et seront susceptibles de contribuer à la réalisation des OMD. À lui seul, le secteur privé ne peut cependant pas répondre aux besoins des populations pauvres et surmonter tout ce qui fait obstacle à la volonté d'entreprendre avec et pour ces populations. Le rapport indique ce que les entreprises, les gouvernements, les communautés, les organisations non gouvernementales (ONG), les donateurs et les organisations internationales peuvent faire pour optimiser les résultats pour tous. Comme l'écrit l'Administrateur du PNUD, Kemal Dervis : « Pour tirer profit de l'activité des marchés, les populations pauvres doivent être en mesure de participer à ces marchés pour en exploiter les opportunités. Si les modèles entrepreneuriaux qui intègrent les populations pauvres nécessitent un soutien important, ils promettent aussi d'être bénéfiques pour tous. » Les entreprises face aux défis de la pauvreté présente cinq stratégies que les entreprises du secteur privé ont employées avec succès pour surmonter les obstacles qui surgissent le plus souvent lorsque l'on cherche à entreprendre avec et pour les populations pauvres : - Adapter les produits et les services ; - Investir dans les infrastructures ou dans la formation pour lever les contraintes ; - Tirer parti des atouts des populations pauvres afin de mieux connaître le milieu, augmenter les ressources en main-d'oeuvre et en personnel d'encadrement ; - Travailler avec des entreprises, des organismes non lucratifs et des prestataires de service public à vocation similaire ; - Se concerter avec les autorités sur les mesures politiques à prendre. Comme le notent les auteurs, « il y a de la place pour bien plus de modèles entrepreneuriaux bénéfiques pour tous, bien plus de marchés favorables à l'intégration, et une création de valeur bien plus importante. Pour reprendre les mots du Mahatma Gandhi : "La différence entre ce que nous faisons et ce que nous sommes capables de faire suffirait à résoudre la plupart des problèmes dans le monde". » Les entreprises face aux défis de la pauvreté présente 50 études de cas, réalisées par des chercheurs dans des pays développés et en développement. Elles montrent comment des petites et moyennes entreprises, locales ou internationales, mais aussi des multinationales, ont su réussir à la fois à gagner de l'argent et à avoir un impact social. En Chine, une entreprise offre des ordinateurs à des prix abordables ainsi qu'une formation aux fermiers des zones rurales, grâce à un système d'exploitation et à un logiciel à bas prix qui sont plus faciles à utiliser pour des clients dont le niveau d'instruction est limité. Ce faisant, elle a élargi sa base de marché. En République démocratique du Congo, où le secteur bancaire a été décimé par des années de guerre, une société de téléphonie mobile a réagi en proposant une technologie de messagerie cryptée qui permet à ses clients de transférer de l'argent. Elle compte aujourd'hui plus de deux millions de clients en RDC. Au Kenya, les propriétaires/exploitants de micro-franchises de soins médicaux ont augmenté leurs revenus mensuels en soignant du paludisme et d'autres maladies plus de 400 000 patients vivant dans des zones rurales et des quartiers urbains défavorisés. Au Mexique, une entreprise de construction a aidé plus de 14 000 Mexicains émigrés aux États-Unis à construire, acheter ou rénover une maison chez eux au Mexique. Entre 2002 et 2006, la société a gagné 12,2 millions de dollars sur le commerce de matériaux de construction, et a vendu plus de 200 maisons depuis fin 2005. Au Maroc, la filiale d'une société européenne d'assainissement a permis d'accroître de façon significative le nombre d'habitants des quartiers défavorisés de Casablanca ayant accès à l'eau et à l'électricité. En engageant des « représentants de la communauté » et en leur fournissant une formation technique et à l'encadrement, la société s'est assurée d'une supervision locale. Plus de 30 000 nouveaux foyers sont désormais raccordés au réseau électrique de Casablanca, et leurs dépenses des ménages en énergie dans cette zone ont chuté, passant de 17 à 6 dollars par mois. Dans la Fédération de Russie, une ONG de microfinance s'est reconvertie en banque pour fournir un accès à des capitaux commerciaux et atteindre davantage de clients. En 2006, la banque avait contribué à créer 4 250 emplois directs et 19 950 emplois indirects. En 2007, la projection de son portefeuille de prêts dépassait les 60 millions de dollars, avec un bénéfice net sur ces prêts de plus de 2 millions de dollars. En plus des exemples tirés des 50 études de cas, Les entreprises face aux défis de la pauvreté propose de nouveaux outils aux entreprises intéressées. Une grille de stratégies aide à trouver des solutions potentielles aux contraintes courantes, et un autre outil, les cartes d'intensité du marché, permet de visualiser l'état du marché ou de la distribution des services, offrant ainsi un premier aperçu des nouveaux marchés potentiels. Dans les régions de l'ouest du Guatemala, par exemple, la carte d'intensité indique que 13 pourcent de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour a accès au crédit, mais que ce chiffre tombe en dessous de 8 pourcent dans les régions de l'est du pays. L'initiative « Entreprendre au bénéfice de tous », dirigée par le PNUD, est une plateforme qui a pour vocation de faciliter l'engagement de tous les acteurs pour que les modèles entrepreneuriaux soient de plus en plus conçus au bénéfice de tous, afin que la recherche de création de richesses et le progrès humain puissent se nourrir l'un de l'autre. Elle compile les informations pertinentes, fait connaître les réussites, élabore des stratégies opérationnelles et crée un espace de dialogue. Pour en savoir plus : www.growinginclusivemarkets.org. 02/07/2008
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