Dans la fonction publique territoriale, un arrêt pour accident de service (souvent appelé « accident de travail ») n’a pas exactement les mêmes effets qu’un arrêt pour maladie ordinaire. Pour les primes, tout dépend surtout de la nature de la prime et du texte qui l’encadre (délibération de la collectivité, arrêté, régime indemnitaire type RIFSEEP, etc.).
1) Accident de service : principe sur la rémunération
En cas d’accident de service reconnu, l’agent est en principe maintenu en traitement pendant l’arrêt (régime spécifique, différent de la maladie ordinaire).
En revanche, le maintien des primes n’est pas automatique : certaines primes peuvent être maintenues, d’autres non, selon ce que prévoit le cadre applicable.
2) Pourquoi une prime peut baisser malgré un accident de service
Plusieurs situations existent :
- Prime liée à la présence effective / au service fait : certaines primes sont construites avec des règles d’abattement en cas d’absence, même si l’absence est justifiée. Si la délibération prévoit un abattement « pour toute absence » ou selon des règles précises, l’arrêt pour accident peut alors avoir un impact.
- Prime liée à la manière de servir / aux objectifs / à l’évaluation : si une part indemnitaire dépend de critères annuels (ex. engagement professionnel), une année très incomplète peut conduire à une modulation.
- Régime indemnitaire (ex. RIFSEEP) : selon les collectivités, des règles locales précisent ce qui est maintenu ou non pendant certains congés (maladie, accident de service, etc.). Il n’existe pas une règle unique valable partout : c’est le texte de la collectivité qui est déterminant, dans le respect du droit.
3) Le maire peut-il décider « au bon vouloir » ?
Non, le maire ne peut pas décider librement en dehors des règles :
- Les primes et leurs conditions (attribution, modulation, abattements, maintien pendant les congés) doivent reposer sur une base juridique : délibération de l’organe délibérant (conseil municipal / communautaire), et décisions individuelles prises dans ce cadre.
- Une baisse doit correspondre à des règles préexistantes et applicables, pas à une décision arbitraire ou variable selon les personnes.
4) Points à vérifier (factuels)
Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut identifier :
- la prime concernée (IFSE, CIA, prime spécifique, indemnité de sujétion, etc.) ;
- la délibération qui fixe le régime indemnitaire et ses règles de maintien/abattement en cas d’absence ;
- si l’accident de service a bien été reconnu formellement (décision de l’autorité territoriale).
5) Sources et repères utiles
- Références générales : textes et décisions consultables sur legifrance.gouv.fr.
- Informations pratiques sur les démarches et droits : service-public.fr.
- Fiches pratiques sur les congés, l’accident de service et le régime indemnitaire dans la territoriale : rubrique « blog territorial » sur emploi-collectivites.fr (rechercher : accident de service, congés, régime indemnitaire, RIFSEEP, maintien des primes).
6) Limites / précautions
Sans le nom de la prime et la délibération applicable, il est impossible d’affirmer si la diminution était régulière ou non. Deux collectivités peuvent appliquer des règles différentes, selon leurs textes.
En résumé : un arrêt pour accident de service peut, selon les primes et la délibération locale, avoir un impact sur certaines indemnités. En revanche, la décision ne doit pas relever d’un « bon vouloir » : elle doit être conforme aux règles écrites en vigueur dans la collectivité.
Contributeur actif - Expert en ressources humaines - secteur public
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